Le syndrôme de l’essuie-glace du coureur et ostéopathie

De nombreux coureurs, surtout de trail, se plaignent de douleurs situées sur la partie externe du genou lors de la course. Ce syndrome vise des sujets jeunes, sportifs, pratiquant la course à pied, le cyclisme ou le football. Il existe une multitude de petits noms qui veulent dire la même chose : la tendinite du genou ou tendinite du fascia lata, le syndrome de l’essuie-glace, de la bandelette de Maissiat ou encore syndrome de la bandelette ilio-tibiale. On prescrit aux patients des séances de kinésithérapie, des anti-inflammatoires mais la douleur revient de façon chronique.
Le tenseur du fascia lata ou communément le TFL est le fameux muscle responsable de cette douleur, très fibreux et très peu extensible, il s’insère en haut sur le bassin et en bas sur le tibia, cheminant dans une loge musculaire le long de la face latérale de la cuisse. Il entraine des flexions de hanche et permet à la cuisse de faire des légères rotations. Lors de la course, le muscle va donc être sollicité en se raccourcissant et se relâchant.
tenseur du fascia lata
La douleur est causée par la friction de la bandelette sur le tubercule du condyle externe du fémur à chaque flexion-extension du genou. « Essuie-glace » parce qu’à chaque flexion la bandelette passe en arrière du tubercule et à chaque extension il passe en avant. Ce frottement entraine l’inflammation du muscle voire même de la petite bourse séreuse située en dessus, censée le protéger, et crée la douleur.
⦁ la douleur apparaît progressivement à partir d’un certain kilométrage au niveau de la partie externe du genou
⦁ elle se manifeste comme une brûlure à chaque foulée
⦁ après quelques heures de repos la douleur s’estompe, et disparaît presque totalement (parfois il reste un fond douloureux)
⦁ plus le runner attend et plus la douleur va apparaître précocement au cours de l’effort sportif et devenir plus intense
⦁ la douleur peut se manifester sur l’autre genou.

Elements favorisants du syndrôme de l’essuie-glace:

⦁ La course en côte ou en descente,
⦁ l’utilisation de chaussures usagées,
⦁ l’augmentation du temps de course ou de la distance (effort inhabituel ou surentrainement)

Que va faire l’ostéopathe dans le cas d’un syndrôme de l’éssuie-glace:

L’ostéopathie visera à faire disparaître la friction entre le muscle et le fémur:
_ Le bassin ne doit pas connaître d’asymétrie ni de tension. Nous travaillons donc sur le cadre musculo-squelettique
_ Nous travaillons sur le petit bassin: des tensions viscérales peuvent créer à termes des tensions sur le cadre osseux
_De même, nous travaillerons sur le genoux et ses insertions musculaires.
_ La colonne lombaires pouvant influencer fortement le bassin
_ les chevilles
_ etc…
La première chose à faire sera d’éliminer toutes les causes externes qui pourraient être à l’origine de la désaxation du muscle :
⦁ des chaussures usagées pourraient effectivement changer la position du pied
⦁ des semelles orthopédiques non adaptées (car trop vieilles, ou parce qu’entre temps on a fait une chute sur les fesses, etc.) changent la position du pied
⦁ etc.

L’après séance et recommandation de votre ostéopathe:

Il faut cependant se méfier, le muscle est remis dans son équilibre certes, mais il ne s’agit pas d’aller galoper dès la sortie du cabinet. En effet, le tenseur du fascia lata a pu être enflammé durant des mois avant de retrouver son harmonie. Cette inflammation ne va pas disparaître tout de suite. Il faudra lui laisser le temps de se réduire avant de retourner courir. Cela peut prendre quelques jours, voire quelques semaines si le syndrome date d’il y a plus de temps.
Une fois l’inflammation réduite, on pourra retourner courir tranquillement, en respectant les conseils du médecin qui sont beaucoup plus adaptés maintenant : faire des efforts progressifs (sur terrain plat d’abord, puis en variant les dénivelés), veiller à bien s’échauffer, à respecter les phases de repos, éviter le surentrainement, voire suivre des séances de kinésithérapie pour redynamiser le muscle.